L'âme de la grande Russie

Vous avez habité en Russie. Quel souvenir gardez-vous de ce pays ?
- C’est étrange ce sentiment que je cultive, presque à contrecœur.
Le souvenir le plus fort ? Une célébration religieuse interdite de rite orthodoxe dans une cave d’un immeuble glauque de Leningrad, dite par un jésuite qui avait omis de préciser sa véritable religion à ses ouailles et qui se faisait appeler « Otiets » comme un pope. Je pensais qu’à tout moment le KGB pouvait débarquer. J’ai appris plus tard que parmi les familles présentes, beaucoup appartenaient au terrifiant service de renseignement.
J’ai une image sépia de ce monde. Des femmes en noir, des regards furtifs, des voitures d’enfants toutes de la même couleur. Du gris, même sous la neige. Un monde de survie, d’attente, de résignation. Un monde si éloigné de
D’après vous, où va
- Il y a quelques années, j’ai rencontré un colonel de l’armée russe. Dans son bureau, derrière son fauteuil, il y avait deux étendards. L’un était celui de l’armée rouge et l’autre celui d’un régiment impérial. Ce mélange est le symbole de
A.N.

