La plume de Patrick de Friberg



(Suite de l'entretien avec Patrick de Friberg)


Depuis quand écrivez-vous ?

- J’ai l’impression d’écrire depuis toujours. Ah tiens ! Je me souviens d’une rédaction que j’avais faite à l’école primaire. C’était l’histoire d’un enfant qui, en croyant si fort à ses rêves, avait fini par atterrir sur la Lune. Il regarde alors les humains sur Terre comme il regardait, il y a quelques jours encore, une colonie de fourmis dans son jardin. Mon institutrice de l’époque (une certaine madame Krieff, je crois) avait noté sur ma feuille en grand et en rouge « Fribertesque ! ». J’en fus très fier.

Mon parcours d’écrivain a été ponctué de nombreuses rencontres, mais la plus déterminante fut sans nul doute celle avec Vladimir Volkoff.

J’étais alors étudiant et je lui avais adressé un manuscrit, très médiocre d’ailleurs, par l’intermédiaire de son éditeur de l’époque, Fallois. Un jour, je reçus une gentille lettre de sa part dans laquelle il me disait que tout était réuni pour que je devienne écrivain, mais que rien n’était encore prêt. Il fallait donc travailler. Nous sommes dès lors devenus amis.

Avez-vous des rituels d’écriture ? Où et quand écrivez-vous ?

- J’écris de manière compulsive quel que soit le lieu ou le moment. Je suis une sorte d’éponge qui s’imprègne d’émotions et qui ensuite les retranscrit sur le papier. Comme une caméra mobile, j’enregistre des bobines d’images et de sons. Parfois, je peux écrire vingt à trente pages qu’il me faut laisser de coté et même oublier. Ces débordements contrôlés me permettent de structurer au fur et à mesure un récit. Puis un jour, je me réveille avec une histoire complète. Je me plonge alors dans son écriture.

Etes-vous un bourreau de travail ?

- Je suis bien organisé et j’ai la chance de taper à la vitesse d’une bonne dactylo.

Avez-vous encore beaucoup d’histoires dans la tête ?

- J’ai beaucoup de peurs et de cris d’angoisse à raconter. Ma révolte est permanente et mon arme, c’est le mot. Je voudrais crier au monde l’injure préférée de mon héros : Mort aux Cons (un "C" majuscule pour la Connerie humaine)!

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire tant ?

- L’amour, la haine, la conscience de mon pauvre état d’humain sacrifié à des causes ou à des intérêts que je ne connais même pas, la stupidité et l’aveuglement égoïste des gouvernements, la beauté de la nature et de la vie… J’ai surtout l’orgueil naïf de croire que des milliers de personnes vont me lire au même titre que Stieg Larsson.


A.N.

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