Le retour du roman d'espionnage




Suite de l'entretien avec Patrick de Friberg





Considérez-vous vos livres comme des romans d'action, d'espionnage, des pamphlets, ou des contes modernes?
- Des romans d’espionnage, oui. Sans aucun doute. Mais j’ai quelque fois l’impression qu’il faut être légitimé par la critique et les ventes, pour oser se dire écrivain et s’assimiler à un genre littéraire. Est-il possible de parler de littérature sans devoir se prendre au sérieux, je ne sais pas…

Pourquoi avoir choisi le thriller d’espionnage, genre un peu en berne en ce moment?
- Le genre a été saboté par certains éditeurs américains. Véritables usines d’écriture au kilomètre. La perte d’intérêt vient certainement de la baisse constante de la qualité des livres produits…

Pourtant, les Américains semblent être les seuls à savoir écrire des thrillers ?
- Il n’existe pas de Thriller français, certes. Le thriller américain, par son rythme, sa construction, l’usage d’une langue si pragmatique, peine à être imité. En revanche, je me reconnais davantage dans l’héritage qu’ont laissé Le Carré, Green, Ambler, Kemp, Volkoff ou Raspail. Ils se servent de l’espionnage comme d’un médium pour éclairer leur vision du monde actuel, mais pas comme une finalité de l’action.

C’est pour cela que vous avez choisi ce genre ?
- Le choix s’est imposé par la nature des messages que je voulais transmettre. Je souhaitais parler du monde de l’après Guerre Froide, mais aussi d’écologie. Dans un monde qui sacralise l’expertise par le diplôme, mes expériences en Russie et comme plongeur professionnel, n’auraient pas bénéficiées d’une grande crédibilité si j’avais désiré écrire un essai, par exemple. Là, je ne suis qu’un raconteur d’histoires…

A.N.

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