J-17 avant la sortie du Dossier Déïsis


J-17 avant la sortie du "Dossier Déïsis".
J’ai beau faire une recherche sur ce 17, je ne trouve rien d’amusant à vous raconter. Il ne m’amène qu’au numéro du département français, à la ville de La Rochelle, son Chef Lieu, où je n’ai pas eu d’aventures ni d’éditeurs, encore moins de dédicaces ou de signatures de contrats. Je n’y ai fait qu’une visite rapide, une journée d’hiver il y a - tiens elle est bonne celle-là - dix-sept ans, une plongée sur une épave insipide à quelques brasses de l’arsenal. Mais ne perdons pas de temps à espérer un article truculent, parce que je n’ai pas un souvenir éclatant à raconter. Il faisait gris et froid, l’eau était saumâtre et mon détendeur (le bidule dans lequel on respire sous l’eau) n’arrêtait pas de geler. Quand la fine membrane qui permet de détendre la compression de l’air de la bouteille est bloquée par le froid, alors vous vous mettez à fuser de toute la pression comprimée, comme un ballon qui se dégonfle et laisse s’échapper, en toute beauté, ces bulles si précieuses qui vous donnent la vie. Autour de moi, les deux autres rigolaient et je devais sans cesse taper la tête de mon embout contre la tôle du cuirassier. Boum, Boum. Un son sourd, celui d’un cœur…
Je vais vous parler plutôt du bruit. Celui de ce décompte de vie d’une plongée en Mer Rouge. Boum Boum sur la tôle d’une épave dans laquelle une porte s’était refermée sur mon équipier. Boum Boum, le temps a filé, le tic et le tac du décompte de la réserve d’air et de ce satané temps dépassé d’un palier nécessaire avant la remontée. Au choix, asphyxie ou paraplégie, et quarante mètres à remonter. Il frappait doucement, patiemment, pour que je vienne le libérer. L’épave était grande, la nuit proche, je paniquais.
Un bruit sourd dans la nuit, un son de cœur, calme, qui ne faiblit pas et vous pousse à chercher encore, les yeux sur votre montre. Il faut remonter. Boum Boum.
J’ai trouvé la porte, juste déplacé le montant pourri qui en avait bloqué l’ouverture. Il n’y avait plus aucun son. Plus de cœur qui battait, que le mien qui résonnait. Boum Boum.
Il est sorti calmement, passant devant moi en me saluant. Il était certain que je serais là.
Le bruit de mon cœur, le décompte de survie, ne m’ont pas quitté… J’ai ressorti mon carnet de plongée. Le texte était bien sûr prémédité… « Jour 6, plongée N°17 ».
Encore 17 jours avant la sortie du roman.

Articles les plus consultés