J-13 avant la sortie du Dossier Déïsis



J-13 avant la sortie du Dossier Déïsis

13, porte-bonheur selon les uns, ou invitation à la malchance selon les autres. La superstition nous viendrait dit-on, d’un vendredi 13 octobre 1307 quand Jacques de Molay, le Templier, brûla sur le bûcher des soucis financiers du bon roi de France. La monarchie avait inventé ainsi cet impôt dont a hérité la République tous les vendredis 13, le Loto.

Par une belle journée à Bergerac, un vendredi 13 à 13 h je sautais d’un avion avec mon frère et, mauvaise position, incident d’ouverture, mauvaise pliure de la toile, j’avais 18 ans et je me retrouvais quelques minutes plus tard entre deux rangs bien pointus de piquets de vignes, la jambe brisée et les nuages devant les yeux. Malchance pour les uns, mais pour moi, la chance de ma vie. Des mois à pouvoir écrire, apprendre, choisir. Et puis l’envie de me relancer pour voler à nouveau, pour me prouver que le hasard n’existe que quand il touche notre destinée.

Selon B. H. Brown, un mathématicien, il y aurait 2 à 3 chances par an que le 13 soit un vendredi dans le calendrier julien et grégorien, par un calcul simple des 4800 semaines qui constituent un cycle complet. Pour les autres calendriers dont le nombre impair de semaines est la règle, alors la chance disparaît, et le vendredi 12 ou 14 devient la loi. Les Chinois, les Égyptiens, les Grecs, les cités d’Amérique centrale, groupaient les jours par dizaine, acte néfaste au retour du jour du Loto providentiel. Je me souviens avoir proposé à ma concierge, superstitieuse à souhait de se faire aztèque ou Grecque pour arrêter de perdre ses sous ce jour-là.

13 jours avant sa commercialisation, ce vendredi 24, le livre est arrivé. Il est beau m’a-t’on confié. Il brille, il est lourd, il sent bon l’encre fraîche. Il fut livré en petits paquets bien serrés, prêts à être envoyé directement aux journalistes et autres critiques que j’ai copieusement noyés de bons mots et de messages appliqués. L’un d’entre eux me disait qu’il avait reçu, le mois dernier, cent quatre-vingts livres, dont les trois quarts, n’avaient même pas été ouverts… Je lui souhaite de n’en recevoir que cent soixante-neuf, treize fois treize, ce mois-ci. Le Dossier Déïsis, en exergue, sur le haut de la pile, avec ses 13 fois vingt et une pages !

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