"Lefort, je veux être clair. Je suis « retiré », comme le dit l’Anglais. Je ne peux, ni ne veux vous aider. Je ne comprends pas ce Nouveau Monde virtualisé autour de cette planète mondialisée, qui ne permet plus à des gens comme moi d’équilibrer, un tant soit peu, les velléités des politiques dans leurs quêtes mesquines d’hégémonies. Il n’y a plus de frontières ni de Porte de Brandebourg. On ne rend plus les agents à leurs maitres après les avoir un peu secoué ou pas mal torturé. Je ne veux pas dire que tout cela me manque, mais je suis dépassé de voir que les traitres, maintenant, ils les mutent ou les embauchent dans des sociétés d’intelligence économique qui vivent richement de ces mêmes clients. Vos réseaux font de la collecte de potentiels industriels qui se jugent à l’aulne du pot-de-vin qu’a versé le concurrent sur le compte en banque d’un « offshore ». Et je ne parle pas du nouveau diable, cette excuse de la grande guerre américaine contre le terrorisme islamiste. Vous savez comme moi qu'elle a échoué, non pas parce que nous avons failli, mais parce qu'elle n'existait pas vraiment...


Ses yeux gris me fixèrent durement, toutes les rides de son visage tendues et gravées dans la seule direction de son regard. Le doigt, rose à l’ongle rongé, remonta le support en acier de la monture et hésita entre le bol de thé et la figurine napoléonienne en résine qu'il était en train de coller. Il opta finalement pour le breuvage chaud. Je crus deviner un tremblement de la main."

Articles les plus consultés